Pourquoi l'Iran ?
L’Iran, c’est quelque chose, tu peux le croire geek, c’est la moto éléphant qui le dit, et elle sait de quoi elle parle, elle est teutonne. Ça fait des années qu’elle rabat les oreilles du motard avec la Perse et ses 4.000 ans d’histoire, héritière de l’Empire Assyrien, ses Grands Rois, Cyrus, Darius, Xerxès, Artaxerxés, Abbas, c’est pas chrétien des noms pareils. Et puis on n’a pas idée d’avoir 4.000 ans d’histoire, c’est beaucoup trop, les iraniens ne peuvent pas remonter à Jeanne d’Arc comme tout un chacun, le motard n’en peut plus des cours d’histoire de la moto éléphant.
Les malheurs du motard te font rire geek ? Rigole, tu vas en bouffer aussi de l’histoire sur ce site, tu vas voir. Et ne songe pas à te débiner : si tu ne lis pas tout, le motard le saura, Ahura Mazdâ le lui dira et là, gare à toi !
Alors pourquoi l’Iran ?
Pour son histoire, précisément. Parce que, si le territoire iranien est aujourd’hui à peine trois fois plus grand que la France, la Perse fut à plusieurs reprise un empire immense.
Au V° siècle avant JC par exemple, Rome n’était qu’une bourgade de paysans un peu turbulents alors que l’Empire Perse s’étendait déjà jusqu’en Inde à l’Est, jusqu’à à la Grèce et à la Lybie à l’Ouest, la Mer Noire et le Golfe Persique étaient des mers intérieures et les Grands Rois étaient à la fois Roi des rois (xšāyaθiya xšāyaθiyānām) de Perse et Pharaons d’Egypte.
Tu veux avoir une idée de la taille de l’empire ? Pour relier Suse, la capitale, jusqu’à la Mer Egée, Darius 1er construit vers 510 avant JC une route, la Voie Royale, d’une longueur de 2.700km (la moto éléphant se lamente de ne pas avoir vécu au VI° s. av. JC, mais quel boulet celle-là). Deux cents ans plus tard, en 312 avant JC, les romains s’extasieront sur la Via Appia, la première voie romaine, qui reliait Rome à Capoue sur… 200km.

Et, rends-toi compte geek, il ne s’agissait pas de conquêtes sans lendemain, à la manière de Gengis Kahn ou d’Alexandre, pas du tout, il s’agissait d’empires organisés et durables, de dynasties régnant plusieurs siècles, d’une administration hiérarchisée capable de réglementer un empire qui s’étendit jusqu’à plus de 20 millions de km2. Tiens, puisqu’on parle de lui, figure-toi que lorsqu’Alexandre défait le roi de Perse Darius III à la bataille de Gaugamèles le 1er octobre 331, cela fait plus de deux siècles que cet empire démesuré existe et fonctionne.
C’est ainsi qu’au cours de sa longue histoire la Perse ne cessa de connaître des périodes de déclin suivies d’extensions vertigineuses, jusqu’au XVIII° siècle encore, quand Nâdir Shah pousse son armée jusqu’en Inde où, forte de 50.000 hommes, elle étrille en 1739 l’énorme armée du Grand Moghol, descendant de Tamerlan et de Gengis Khan, malgré ses 300.000 hommes et ses 2.000 éléphants de combat. Alors qu’en France, Louis XV règne sur son petit royaume qui est pourtant le plus grand d’Europe, l’Empire Perse, gonflé aux stéroïdes, s’étend jusqu’à Dehli.
Ainsi fut la Perse. Parfois gigantesque, dirigée par des dynasties succédant à d’autres dynasties, parfois aussi en proie à l’anarchie ou dominée par d’autres puissants voisins, les assyriens jusqu’au VI° siècle av. JC, ou les arabes à partir du VII° siècle qui, profitant du déclin de la dynastie Sassanide qui gouvernait la Perse depuis le III° siècle, s’y installèrent pour longtemps et l’islamisèrent.
En 1932, par décret royal de Reza Shah Pahlavi, la Perse devient l’Iran. Et en 1979, la révolution met fin à la Monarchie et la remplace par la République Islamique d’Iran. État chiite, l’Iran est aujourd’hui une théocratie. Comme le Vatican. Mais à la différence de l’État Pontifical, qui est une monarchie absolue élective, l’Iran est une République. Il s’agit en fait d’un système mixte : un président de la République, élu au suffrage universel direct tous les quatre ans et un parlement (Majlis) dont les députés sont eux aussi élus au suffrage universel direct tous les quatre ans, coexistent avec le Guide Suprême, chef de L’État, élu par une assemblée de religieux, et le Conseil des Gardiens de la Révolution qui supervise le parlement. Théocratie chiite, l’Iran réserve cependant un certain nombre de sièges du parlement aux zoroastriens, aux juifs et aux chrétiens, minorités religieuses reconnues par la constitution.
Une théocratie, ça peut surprendre, mais la fondation de la République Islamique en 1979 s’inscrit en droite ligne dans l’histoire du pays. La dynastie Safavide, par exemple, fut fondée au début du XVI° siècle par Ismaël 1er, le Shah aux yeux bleus ; or Ismaël, lorsqu’il prend le pouvoir en 1501, est le chef d'une confrérie religieuse sunnite soufi (Tariqa Safavieh) fondé au XIV° siècle. Devenu roi, il se convertit au chiisme duodécimain et en fait la religion d’État : le Shah est alors à la fois "Roi des Rois" (ShâhinShâh) et "Maître Parfait" de l’Ordre religieux en charge de la religion d’État. Finalement, quand en 1979 un ordre religieux prend le pouvoir, se reproduit en Iran ce qui s’était déjà produit en 1501. Comme le dit la moto éléphant, qui s’y connaît en religions, car elle est teutonne, on comprend mieux le présent si on connaît le passé…
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