De Van à Eskişehir
(via Ankara)
Voilà ce qui arrive lorsqu'on ne fait pas attention aux endroits où on met ses roues : on finit par planter un truc dans son chausson. Cette gourde de moto éléphant prétend, car qu'elle teutonne, que c'est un complot des démocrates et d’Hillary the crook mais tu parles : elle ne regarde pas devant elle, c'est tout. Résultat des courses, malgré les trois tentatives de réparations de son chausson arrière, ça ne tient pas. Mais en faire venir un neuf depuis Ankara jusqu'au fin fond du Kurdistan turc semble être plus compliqué que le déchiffrement de l'écriture cunéiforme, donc transport de la grosse sur un camion de dernière génération, direction Ankara. L'avantage, c'est que le motard n'aura pas à écumer les stations services en rupture de stock les unes après les autres à la recherche de son précieux carburant, le Kurdistan ayant semble-t-il quelques problèmes d'approvisionnement.
Quand même, l'affaire a pris un peu de temps, raison de cette interruption des mises à jour.

Le motard est arrivé à Ankara avant la moto éléphant. Alors, on le savait déjà, Ankara c'est moche, presque aussi moche que Helsinki. Mate un peu l'horreur, vue depuis la citadelle :

Alors, précisément, seul coin potable de cette ville moche, la citadelle a été bâtie par les Romains ou les Byzantins, on se sait pas trop paraît-il, et dedans il y a une sorte de petit village d'Anatolie, bien planqué dans ses énormes murailles, une espèce de village d'Astérix qui résiste à l'urbanisme délirant de cette métropole hideuse.





Autour des murailles, c'est le vieil Ankara, c'est charmant aussi, et d'ailleurs c'est là qu’a décidé de crécher le motard, dans cet ancien caravansérail que tu peux voir à gauche, le motard y a pris goût, lequel a le mérite de jouxter le musée archéologique. Et puisque le motard est piéton pour une journée, il est allé déambuler dans la citadelle et la vieille ville, prendre un petit thé dans un troquet, en un mot comme en cent, glander.

Après une nuit prolongée d'une inhabituelle grasse matinée, suivie d'un pantagruélique petit déjeuner turc, c'est à dire un café agrémenté de multiples petits plats divers et bizarres, que le motard a avalés car il était affamé, direction le musée archéologique voisin, une véritable merveille dont le motard t'épargnera les multiples clichés et les explications qui vont avec car il en deviendrait vite casse-pieds. Enfin, quand même, regarde ça :


A droite, c'est une coupe de cérémonie rituelle perse, de l'époque Achéménide, tiens ! Comme on se retrouve, la Perse encore mais, rien de moins anormal : l'actuelle Turquie, sous la dynastie Achéménide, dépendait de l'Empire Perse.
A gauche, c'est une tablette néo-assyrienne datant de 669 avant JC. C'est le contrat de vente d'un esclave mâle, et regarde en bas : elle est signée du sceau cachet du vendeur, de l'acheteur et des deux témoins.
Bref, le motard est ensuite allé récupérer la moto éléphant qui a voyagé toute la nuit pour le rejoindre, c'est beau. Les retrouvailles furent émouvantes, le motard lui raconta le musée et son petit déjeuner, la moto éléphant son périple nocturne, perchée sur son camion, puis elle enfila son chausson neuf et les deux compères reprirent la route, mais quel bonheur Geek, tu n'imagines pas. Alors, sortis vite fait d'Ankara le motard s'enfilèrent ensemble un bout d'autoroute, pour se dégourdir les roues, puis de petites routes campagnardes en chantant l'hymne à la joie.


Ce soir, ils dorment à la ferme, dans un petit hameau de trois ou quatre maisons au milieu de nulle part, parcouru par les bergers et leurs troupeaux, c'est trop chouette. Ben, qui accueille le motard cette nuit, est hollandais, mais il vit en Turquie depuis 23 ans. Et, avant de prendre sa retraite dans cette fermette il y a quelques années, il était archéologue, professeur à l'Université d'Ankara. Alors si tu permets, le motard et Ben ont des trucs à se dire. Bonne nuit Geek !




