
De Sivas à Erzurum
Qu'est-ce que tu as Geek, il ne te plaît pas ce drapeau turc ? Eh bien tant pis. Figure-toi que le motard est en Turquie, que des drapeaux turcs il y en a absolument partout, et qu'aujourd'hui, à de nombreuses reprises des automobilistes, des passants, jeunes et vieux, ont demandé au motard d'où il venait et, en entendant la réponse, un grand sourire a éclairé le visage de ces inconnus et, la main posée sur le cœur, tous ont conclu par un "Welcome in my country".
​
Le motard a été touché par ces marques d'hospitalité souriantes, et c'est en hommages à ces turcs si accueillants qu'il place tout en haut de sa page du jour le drapeau de leur pays.


Le motard, juché sur une moto éléphant de très bonne humeur, a traversé la steppe de l'Anatolie Orientale pour ensuite grimper vers les hauts plateaux arméniens et finalement s'arrêter à Erzurum, à près de 2.000 mètres d'altitude, par 28° seulement, ce qui le change agréablement des 37° qu'il a connu hier.


Le motard est donc à Erzurum, ville fondée par l'Empereur Byzantin Théodose 1er. Aujourd'hui, Erzurum est une ville jeune et joyeuse, plus de 40.000 étudiants et des gamins partout.
Ici à Erzurum, aux confins orientaux de l'immense Turquie, comme partout dans le monde, qu'ils soient blancs ou noirs, garçons ou filles, africains ou asiatiques, russes ou européens, américains ou monténégrins, ici comme ailleurs les gosses font du vélo et du roller, et quand ils voient une fontaine et un jet d'eau, ils y jouent en riant aux éclats. Loin, si loin du vieux stupide et haineux qui n'aime que lui-même.

Ceci (à droite Geek, ne te prends pas pour Donald), c'est la madrassa Yakutiye, une école coranique fondée en 1310 par les mongols. Et pour couper le sifflet de la moto éléphant qui était sur le point de ramener sa trompe, le motard précise qu'en effet elle est largement influencée par l'architecture seldjoukide. Mais observe bien Geek, il n'y a qu'un seul minaret : à l'origine, il y en avait bien deux, sur le côté gauche on en voit la base sur laquelle quelqu'un a posé un petit chapeau pour qu'elle n'attrape pas de coups de soleil. Malheureusement le motard ignore complètement ce qui a bien pu arriver au deuxième minaret...



Celle-ci, c'est une autre madrassa, l’École Coranique aux Minarets Jumeaux (Çifte Minareli Medrese), qui est plus ancienne puisqu'elle date de 1275-1276. Et là, pas de discussion, on connaît sa date de construction parce que la plaque apposée lors de son édification est encore là. Et pour lever tout doute sur ses commanditaires, tu peux voir ci-dessous, sculpté de chaque côté du portail, l'aigle bicéphale seldjoukide posé sur l'arbre de vie sous lequel deux lions se font face. Un détail : l'aigle seldjoukide est ci-dessous à gauche ; ci-dessous à droite, à l’intérieur de la madrassa, ce n'est pas un aigle, c'est une grosse dame en noir et tu dois pouvoir faire la différence en observant bien : l'aigle a deux têtes, la dame n'en a qu'une.


C'était le motard bicéphale, en direct d'Erzurum, Turquie.


