
اصفهان
Le motard est à Ispahan.
Il y est arrivé hier, après un trajet depuis Kashan à travers la géographie aride du sud de l'Iran, sous une chaleur tout à fait raisonnable d'une quarantaine de degrés.



Eṣfahān ! Ville millénaire, elle devient capitale de l'Empire perse en 1047 jusqu'à sa mise à sac par l'ignoble Tamerlan en 1387, puis le redevient en 1598 sur décision de Shah Abas 1er. Eṣfahān, la "moitié du monde", ville de savoir et de culture, c'est par exemple Omar Khayam qui conçut et prit la direction de l'observatoire d'Ispahan en 1074 à la demande de Malik Shah 1er. Eṣfahān, capitale emblématique de la dynastie Safavide, symbole de sa splendeur, est un joyau.

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C'est Shah Abbas 1er qui fit créer cette place qui est, dit-on, la plus grande du monde derrière celle de Tienanmen, rends toi compte Geek, elle mesure plus de 500 mètres de long et, à la différence de l'horreur stalinienne de Pékin, la place Naqsh-e Jahan est un modèle d'équilibre et d'une beauté à couper le souffle, aucune photo ne permet hélas de rendre compte du choc émotionnel lorsqu'on y pénètre pour la première fois.

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Le matin de ce deuxième jour à Ispahan, le motard s'est promené dans Ispahan et à nouveau ses pas l'on conduit vers la place Naqsh-e Jahan. En déambulant à l’ombre des arcades et dans les galeries qui entourent la place, le motard a avisé une petite placette arborée bordée de petits commerces et de... cafés. Ni une ni deux, le motard ne tergiverse pas dans ces cas-là, il s’est attablé en terrasse et s’est offert un expresso accompagné d’une eau de rose, oui Monsieur. Il a glandé là au moins une heure, à ne rien faire d’autre qu’à regarder passer les hisphanaises, discrètement voilées, de ce léger voile posé avec légèreté sur l’arrière de la tête qui met en valeur le visage souvent délicieux de ces si belles iraniennes, dont l’élégance et le port altier séduiraient le plus atrabilaire des moines bénédictins. Ah ce voile, qui ne dissimule que la chevelure, du moins une partie seulement, comment imaginer qu’il puisse être ainsi utilisé comme un tel élément de séduction ? Elles sont belles, elles le savent et se jouent non sans taquinerie du regard que le motard pose sur elles, puis dans un sourire amusé font les effarouchées mais, en s’éloignant, lui lancent un dernier coup d’œil peut-être complice.




Ce pont c'est le Pol-e Khaju. Il date du XVIIe siècle, toujours la dynastie Safavide qui a tant fait pour cette ville. Ce pont est très apprécié de la jeunesse d’Ispahan qui vient y discuter, y jouer, y chanter et y flirter gentiment (on a dit gentiment Geek, pas comme un gros lourdau). La moto éléphant aurait bien voulu venir flirter sur ce pont mais pas question, c’est écrit en toutes lettres persanes : verboten. Interdit aux teutonnes.
Et là-dessous, c'est le pont à deux niveaux Si-o-Se Pol, le pont aux 33 arches, lui aussi construit par les Safavides, au début du XVIIe siècle.
Tout ça est bien gentil mais il y a un problème que le motard n’a pas résolu : pourquoi donc faire des ponts s’il n’y a pas d’eau à traverser ?

Tu trouves que cette page est un peu longue Geek ? Bah oui mais le motard a passé deux jours dans cette ville, tu ne crois quand même pas qu'il s'est trimballé avec son appareil photo pour rien, alors des photos tu vas en bouffer. Et puis si tu n'es pas content tu n'as qu'à te repasser les hologrammes du Brejnev des beaux quartiers, c'est nul mais au moins c'est techno.

Le motard n'est pas techno, il préfère les vieilleries. Tiens par exemple, la Mosquée du Shah, un vieux machin du XVII° siècle, même pas équipé de la fibre optique, tu vois le genre ? D'ailleurs, elle était fermée quand le motard s’y est pointé. Mais, alors qu’il s’apprêtait à tourner les talons, quelque peu dépité, deux iraniennes sont passées d’autorité devant lui et ont commencer à vilipender le gardien, en farsi hélas, de sorte que motard ignore ce qu’elles ont bien pu lui balancer mais, après deux minutes d’engueulade, il a filé doux et leur a remis deux tickets contre 20,000 Rials chacune. Alors qu’elles tendaient leurs billets de banque au gardien piteux, le motard a négligemment tendu un billet de 20,000 Rials lui aussi et, pensant peut-être qu’il était avec les deux harpies, le gardien lui a remis un ticket. C’est chouette la Mosquée du Shah complètement vide.

C'était le motard, qui a bu toute l'eau de la rivière Zayandeh Rud, en direct d'Ispahan, Iran.

