
De Erzurum à Tbilissi
Le couple infernal a bien avancé aujourd’hui. Traversée des steppes puis des hauts plateaux de l’Anatolie Orientale, puis franchissement de la frontière, dans le Caucase, et promenade dans ces charmantes montagnes de Géorgie. Pas la Géorgie américaine de Ray Charles, hein ! L’autre, l’asiatique, celle de Staline, cette Géorgie qui fut soviétique avant d’être aujourd’hui coincée entre la Fédération de Russie, fort intéressée par le cas géorgien, la Turquie, qui s’en fout complètement, l’Arménie et l’Azerbaïdjan qui ont d’autres soucis à régler entre eux.






C’est curieux, quand on parcourt ces paysages helvétiques d’Asie, avec ses forêts, ses troupeaux de vaches et sa population qui a l’air aimablement placide, on est loin de songer que c’est ici qu’est né et a passé toute sa jeunesse le monstre soviétique.
Ceci dit, les géorgiens ne sont peut-être placides que d’apparence : deux régions, l’Abkhasie et l’Ossétie du Sud, puissamment armées par la Russie, ont fait sécession, et le gouvernement géorgien ne contrôle plus presque 30% de son territoire...
Le motard s’en tiendra à la partie contrôlée par le gouvernement. Le franchissement de la frontière s’est fait tranquillement, avec de grands sourires des douaniers, et nonobstant la conduite, disons fantasque, des géorgiens, le motard se sent décontracté dans ce pays chrétien, à la religion fortement revendiquée, encerclé par des pays musulmans, à la seule exception de l’Arménie.


Enfin, la moto éléphant est contente d’avoir croisé (aucun lien avec ce qui précède) une congénère autrichienne aujourd’hui (voir anecdotes, il y en a trois nouvelles aujourd'hui, le motard te gâte) : elle n’avait vu aucune moto, autre que les mobylettes turques, depuis au moins trois jours et commençait à se demander si l’intrépidité des motards, volontiers hâbleurs lorsqu’ils sont au bistrot du coin, ne s’arrêtait pas aux frontières de l’Europe...

C'était le motard noir, en direct de Tbilissi aussi.

