top of page

De Padoue à Belgrade

"A cette époque, vers la moitié du XVIIIème siècle, l’Orient avait été repoussé loin de Vienne après les guerres turques, récemment terminées. La Sublime Porte n’avait plus qu’une fenêtre d’où elle pouvait lorgner vers les terres autrichiennes et l’Europe : Kalémégdan, la forteresse de Belgrade."

 

Miloš Crnjanski

(Migrations - 1929)

Il paraît qu’à Paris la mode est aux motards (de la gendarmerie) qui se percutent. C’est certainement très amusant mais le motard n’est pas du tout à la mode, il est plutôt old school : point de percussion donc, mais un long trajet de 800km aujourd’hui, histoire de traverser vite fait la Croatie et leurs foutballeurs hystériques. Et puis, soyons honnêtes, le motard et la moto éléphant avaient envie de rouler, ça fait quand même deux ans qu’ils n’avaient pas fait de road trip, ça leur manquait. Alors, cette journée de route, c’était bien. 

 

Ce qui aurait pu être lourdingue, c’est l’attente à la frontière serbe : 8km de bagnoles à l’arrêt et des douaniers serbes lents, mais lents... Heureusement, un flic croate à moto que le motard et un motard italien  suivaient sagement à 170km/h depuis une vingtaine de kilomètres sans oser le dépasser, se montra fort gentleman : après s’être arrêté et avoir observé l’invraisemblable capharnaüm qui bouchait l’autoroute, il s’est tourné vers les deux motards qui s’étaient arrêtés derrière lui et leur a fait signe de le suivre. Mais non, pas pour les foutre en taule, ne sois pas sot : il leur a fait signe de le suivre sur la voie d’arrêt d’urgence. Il a remonté les 8km de bouchon à un train d’enfer et les a conduit direct devant le le poste de douane et devant une bagnole suisse à qui il a ordonné sèchement de les laisser passer. Et hop ! 5mn d’attente au lieu de 3 heures (dixit l’helvète un tantinet exaspéré du passe-droit offert à ses dépens aux deux motards français et italien par un motard croate alors que lui-même poireautait comme un idiot de suisse depuis des heures, il a failli finir en taule celui-là). Sont sympas les croates, le motard espère qu’ils vont gagner la coupe. La moto éléphant aussi, mais elle c’est par pure malfaisance : elle ne digère toujours pas l’élimination de l’Allemagne...

 

Après 8 heures de route, le motard et la moto éléphant passent à proximité de Belgrade. Sont fatigués, ils ont soif, halte à Belgrade. Après avoir abreuvé la moto éléphant, technique habituelle : direction le centre du village, un bistrot, et une petite discute avec le barman pour qu’il aide le motard à trouver un lieu où crècher. Ça marche à tous les coups. 

Tiens ? Un troquet...

Hop ! Au boulot.

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui : Belgrade est moche et le motard n'avait pas envie de faire de photo. C'est arbitraire, certes, mais ici c'est la patrie de l'autocrate Stefan Lazarević, et le motard se sent très autocrate ce soir.

​

Pas de film d’art et d’essai non plus, la production ayant été informée par un délateur zélé et pétainiste, le brave homme, que certaines spectatrices un peu bourgeoises et sensibles de l’estomac s’étaient plaintes de la crudité de certaines scènes du film d’hier. Le motard réfléchit à un prochain film plus politiquement correct. Quand même, cette époque puritaine n’est pas propice aux œuvres artistiques. 

​

Quand même, une petite anecdote, le motard est conciliant.

C'était le motard pilier de bistrot, en direct de Belgarde qui pétarade.

bottom of page